Dans la fin de Divines, Dounia survit à l’incendie, mais Maimouna reste coincée dans le sous-sol et meurt lorsque le bâtiment explose. Rebecca s’échappe elle aussi. L’argent que Dounia voulait récupérer brûle dans la pièce : son rêve de réussite se transforme en perte irréparable.
Attention : cette analyse révèle tout le dénouement du film de Houda Benyamina.
La réponse courte
Maimouna est la seule des trois jeunes femmes à mourir dans l’incendie final. Dounia et Rebecca passent par une ouverture trop étroite pour Maimouna. Les pompiers, qui attendent une protection policière avant d’intervenir dans le quartier, n’entrent pas à temps.
Les dernières minutes de Divines, scène par scène
- Dounia renonce à partir avec Djigui. Alors qu’une autre vie semble possible, elle reçoit une vidéo montrant que Rebecca retient Maimouna. Elle retourne donc chercher son amie avec l’argent volé à Reda.
- Rebecca comprend qu’une partie de la somme manque. Dounia a laissé de l’argent à sa mère. Furieuse, Rebecca l’asperge d’essence et menace de l’enflammer pour obtenir le reste.
- La confrontation provoque l’incendie. Dounia se jette sur Rebecca. Un briquet est lancé et le sous-sol prend feu, enfermant Rebecca, Dounia et Maimouna.
- Une petite ouverture devient la seule issue. Rebecca parvient à sortir, puis Maimouna pousse Dounia à faire de même. Dounia est couverte d’essence : rester dans les flammes la condamnerait aussi.
- Maimouna ne peut pas franchir le passage. Dounia se retrouve dehors, impuissante, tandis que son amie demeure prisonnière et que les billets brûlent derrière elle.
- Le secours arrive trop tard. Dounia supplie les pompiers d’entrer. Ils attendent l’arrivée des forces de l’ordre, en raison des agressions précédentes contre les secours dans le quartier. Le bâtiment explose avant leur intervention.
Qui meurt et qui survit à la fin ?
| Personnage | Sort final | Ce que montre le film |
|---|---|---|
| Maimouna | Meurt | Elle reste bloquée dans le sous-sol, qui explose. |
| Dounia | Survit | Elle sort par l’ouverture, puis assiste à l’explosion. |
| Rebecca | Survit | Elle franchit l’ouverture avant Dounia. |
La dernière image ne raconte donc pas la mort de Dounia. Elle montre au contraire une survivante anéantie, face aux habitants, aux pompiers et à la police. Le film s’arrête sans préciser ce qu’elle deviendra, ni si Rebecca sera poursuivie.
Pourquoi Maimouna ne sort-elle pas avec Dounia ?
Le passage est assez large pour Rebecca et Dounia, mais pas pour Maimouna. Ce détail matériel est essentiel : Dounia ne choisit pas froidement d’abandonner son amie. Elle voudrait rester et la sauver, mais Maimouna l’encourage à sortir parce que ses vêtements et sa peau sont couverts d’essence.
Le sacrifice n’est donc pas une théorie ajoutée après coup. Il est inscrit dans l’action : Maimouna donne à Dounia la possibilité de vivre alors qu’elle ne peut plus se sauver elle-même. Houda Benyamina décrit d’ailleurs Maimouna, dans le dossier de presse du film, comme la figure la plus pure du récit et comme une figure du sacrifice.
L’argent qui brûle : le vrai basculement du film
Depuis le début, Dounia associe l’argent à la dignité, à l’indépendance et à la possibilité de sortir de sa condition. Le film ne réduit pas cette aspiration à de la cupidité : dans le dossier de presse, la réalisatrice explique que Dounia recherche avant tout la dignité et oppose constamment l’argent au sacré.
Le plan des billets en flammes ferme brutalement cette trajectoire. La somme pour laquelle Dounia a pris tous les risques ne peut plus acheter ni le départ avec Djigui, ni la sécurité de Maimouna, ni une seconde chance. L’objet qui devait ouvrir une issue devient littéralement le combustible de la tragédie.
C’est aussi pourquoi la fin ne dit pas simplement « le crime ne paie pas ». Elle montre une jeune femme qui a confondu puissance et émancipation parce que les voies ordinaires lui semblaient fermées. La catastrophe résulte de ses choix, mais aussi d’un environnement où l’école, la précarité, les trafics, la défiance et les institutions se heurtent sans produire de sortie.
Ce que signifie la mort de Maimouna
La relation centrale de Divines n’est finalement pas la romance entre Dounia et Djigui. C’est l’amitié entre Dounia et Maimouna. La réalisatrice présente leur lien comme le grand amour du film : un amour gratuit, sans calcul, à l’opposé des rapports de domination qui entourent Rebecca et l’argent.
La mort de Maimouna fait donc perdre à Dounia bien davantage que sa complice. Elle détruit le seul lien qui ne lui demandait ni performance, ni argent, ni violence. Dounia obtient matériellement ce qu’elle poursuivait — l’argent de Reda — mais comprend trop tard que ce qui avait réellement de la valeur était déjà auprès d’elle.
L’attente des pompiers élargit enfin la tragédie au-delà des trois personnages. Un épisode antérieur avait montré Dounia participer à des violences contre les secours. À la fin, cette défiance collective revient comme un piège : personne n’entre, Maimouna meurt et l’arrivée de la police déclenche une nouvelle émeute. Le cercle de la colère se referme sans résolution.
La fin laisse-t-elle un espoir pour Dounia ?
Le film ne donne pas de réponse narrative après l’explosion. Dounia est vivante, mais son avenir avec Djigui, sa relation avec sa mère et les conséquences judiciaires restent hors champ. Toute affirmation selon laquelle elle part ensuite avec le danseur ou qu’elle recommence une nouvelle vie serait donc une extrapolation.
Il subsiste néanmoins une possibilité de transformation : Dounia voit enfin le prix réel de sa quête. Ce n’est pas une rédemption montrée à l’écran, seulement le point à partir duquel elle ne peut plus croire que l’argent et la puissance suffiront à la sauver.
Sources de l’analyse
- Le film Divines (Houda Benyamina, 2016) pour la chronologie des scènes.
- Le dossier de presse de Divines, notamment l’entretien avec Houda Benyamina sur Dounia, Maimouna, l’argent et le sacré.
- La présentation critique Divines : banlieue tragique, pour replacer le dénouement dans la trajectoire sociale du film.



