Giga-usine IA française : 10 milliards d’euros, 28 entreprises s’allient

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L’essentiel en 30 secondes

  • Consortium AION : 28 entreprises françaises s’allient pour une giga-usine IA en France
  • Investissement : 10 milliards d’euros, dont 4 milliards du groupe Iliad (Xavier Niel)
  • Puissance cible : 1 gigawatt au total, avec une première tranche de 100 mégawatts
  • Membres clés : Iliad/Scaleway, Orange, EDF, Capgemini, Bull, Hugging Face, Kyutai, Ardian
  • Le contexte : 80% de la puissance de calcul mondiale est actuellement aux États-Unis

C’est le projet d’infrastructure le plus ambitieux jamais monté en France pour l’intelligence artificielle. Vingt-huit entreprises françaises se sont rassemblées dans un consortium baptisé AION. Objectif : construire une giga-usine de calcul IA sur le sol français.

L’annonce a été faite le 20 mai 2026 à Paris. Le projet représente 10 milliards d’euros d’investissements. Iliad, la holding de Xavier Niel, s’engage à elle seule pour 4 milliards. EDF assure le volet électrique. Et l’ambition est claire : inverser la tendance d’une puissance de calcul mondiale concentrée à 80% aux États-Unis.

Qu’est-ce qu’une giga-usine IA ?

Le terme “giga-usine” ou “AI Gigafactory” vient de la Commission européenne. Bruxelles veut créer une poignée de méga-infrastructures de calcul en Europe, capables d’héberger plus de 100 000 puces avancées. Pour comparaison, les plus grandes AI Factories européennes actuelles plafonnent à 25 000 puces.

Concrètement, une giga-usine IA, c’est un ensemble de data centers ultra-puissants dédiés à l’entraînement et l’inférence des modèles d’intelligence artificielle. La puissance électrique visée est colossale : jusqu’à 1 gigawatt au total. Pour mettre en perspective, c’est équivalent à la production d’un réacteur nucléaire complet.

Le projet AION commencera par une première tranche de 100 mégawatts, répartie sur plusieurs sites en France. Le site de Montereau-Fault-Yonne, près de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, est notamment envisagé. Par ailleurs, la pluralité des sites est une obligation pour garantir la résilience et la disponibilité électrique.

CaractéristiqueDétail
Nom du consortiumAION
Nombre d’entreprises28
Investissement total10 milliards €
Engagement Iliad4 milliards €
Puissance première tranche100 mégawatts
Puissance totale visée1 gigawatt
Équivalent en réacteurs~1 réacteur nucléaire
Appel d’offresCommission européenne (EuroHPC)
Commande publique espéréePlusieurs centaines de millions €
Puissance calcul actuelle en FranceLe projet la doublerait

Qui sont les 28 entreprises du consortium ?

La force de ce projet, c’est qu’il couvre toute la chaîne de valeur de l’IA. Des télécoms à l’électricité, des supercalculateurs aux start-ups d’IA, en passant par les fonds d’investissement. Voici les acteurs clés.

Côté infrastructure cloud et télécoms : Scaleway (tête de pont du consortium), Iliad, Orange et OpCore (opérateur de data centers détenu par Iliad et InfraVia). Damien Lucas, le directeur général de Scaleway, porte la voix du projet.

Côté énergie : EDF, qui garantit l’alimentation électrique. Un rôle crucial quand on sait qu’un gigawatt, c’est la puissance d’un réacteur nucléaire entier.

Côté supercalculateurs et puces : Bull, le seul constructeur HPC en Europe, SiPearl pour les processeurs, et VSORA pour les puces RISC-V. La présence de Quandela montre aussi une volonté de basculer vers l’informatique quantique à terme.

Côté IA et recherche : Hugging Face (États-Unis), Kyutai (filiale IA d’Iliad), LightOn, INRIA, GENCI, ZML. Le consortium est aussi en discussions avec Mistral.ai pour un éventuel ralliement.

Côté conseil et ESN : Capgemini, Artefact, Sopra Steria. Et côté financement : Ardian, Crédit Agricole. Schneider Electric est aussi de la partie pour les infrastructures.

Par ailleurs, quatre entreprises du consortium ont leurs bases hors de France : Nokia (Finlande), Multiverse Computing (Espagne), Verne (Royaume-Uni) et Hugging Face (États-Unis). Ce qui montre l’ambition européenne du projet.

⚠️ Le projet Stargate en face

Pendant que la France monte son consortium à 10 milliards, le projet Stargate aux États-Unis représente 500 milliards de dollars. Mené par Softbank, Microsoft et Nvidia, il vise une puissance de calcul incomparable.

L’Europe ne pourra pas rivaliser en volume. Mais elle peut viser la souveraineté : des données qui restent en Europe, des modèles entraînés sur des données européennes, et une independence vis-à-vis des hyperscalers américains.

Pourquoi la France a besoin de cette giga-usine

D’abord, il y a un problème de souveraineté. Aujourd’hui, la grande majorité des données européennes sont traitées sur des serveurs américains. En cas de tensions géopolitiques, ou de changements législatifs outre-Atlantique, l’Europe se retrouverait pieds et poings liés.

Ensuite, le marché de l’IA explose. Les modèles deviennent plus gros, plus gourmands en calcul. Sans infrastructure locale, les entreprises et startups françaises devront continuer à payer des clouds américains. Ce qui pose aussi un problème de coût et de latence.

Par ailleurs, l’appel d’offres européen est une opportunité unique. La Commission va passer de la commande publique pour amorcer la rentabilité des investissements. Ce ne sont pas des subventions, mais des contrats concrets. Et la France a un écosystème suffisamment riche pour justifier au moins une giga-usine sur son sol.

Comme le dit Damien Lucas de Scaleway : “Il n’y en aura pas 27, il faut qu’il y en ait une en France.” Le consortium AION est pour l’instant le seul candidat français officiel. Autant dire que les chances sont bonnes.

✅ Les points forts du projet

  • Couverture complète de la chaîne de valeur IA (télécoms, énergie, puces, recherche, finance)
  • Soutien de l’État français et de la Commission européenne probable
  • Acteurs de renommée mondiale : Hugging Face, EDF, Capgemini, Orange
  • Premier projet concret de souveraineté IA en Europe à cette échelle

❌ Les limites à garder en tête

  • 10 milliards vs 500 milliards du projet Stargate américain : l’écart est vertigineux
  • L’appel d’offres européen n’est pas encore officiellement lancé
  • Mistral.ai n’est pas encore dans le consortium (discussions en cours)
  • Le délai entre l’annonce et la mise en service sera de plusieurs années

Quiz : que savez-vous de la giga-usine IA française ?

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Combien d’entreprises composent le consortium AION ?

Questions fréquentes

Quand la giga-usine IA sera-t-elle construite ?

L'appel d'offres de la Commission européenne n'est pas encore officiellement lancé. Le consortium AION s'est positionné en mai 2026. La construction commencera après l'attribution du contrat, avec une première tranche de 100 MW opérationnelle dans plusieurs années.

Pourquoi 10 milliards d'euros alors que le projet Stargate est à 500 milliards ?

Le projet Stargate américain est d'une échelle incomparable. Mais l'objectif européen n'est pas de rivaliser en volume. Il s'agit de souveraineté : garder les données et le calcul en Europe, assurer l'indépendance vis-à-vis des hyperscalers américains.

Mistral.ai fait-il partie du consortium ?

Pas encore. Le consortium est en discussions avec Mistral.ai pour un éventuel ralliement. La startup française d'IA serait un atout majeur pour le projet.

Qui dirige le consortium AION ?

Scaleway, filiale d'Iliad, est la tête de pont du consortium. Damien Lucas, directeur général de Scaleway, est la voix publique du projet. Iliad s'engage financièrement pour 4 milliards d'euros sur les 10 milliards totaux.

Quel impact pour les entreprises françaises ?

Une giga-usine IA en France permettrait aux entreprises et startups françaises d'accéder à de la puissance de calcul locale, avec des données hébergées en Europe. Cela réduirait les coûts, la latence et les risques géopolitiques liés à la dépendance aux clouds américains.

En bref

Le consortium AION réunit 28 entreprises françaises pour construire une giga-usine IA de 10 milliards d'euros en France. Le projet vise 1 gigawatt de puissance électrique. C'est le plus ambitieux projet de souveraineté numérique jamais monté en Europe. Reste à voir si Bruxelles suivra.

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