18 plateformes crypto agréées MiCA en France : la liste complète des survivantes (1er juillet 2026)

Le 30 juin 2026 à 23h59, c’est fini. Le régime dérogatoire des PSAN, qui permettait à une plateforme crypto française d’opérer avec un simple enregistrement auprès de l’AMF, disparaît pour de bon. Le lendemain, 1er juillet 2026, seules les entreprises ayant obtenu l’agrément MiCA complet (le statut de PSCA) peuvent encore servir des clients français. Et elles ne sont que 18 sur 75 PSAN enregistrés au départ, plus quelques acteurs étrangers qui passent par le passeport européen. Bonne nouvelle : la liste existe, elle est publique, et on vous la donne ci-dessous avec les liens directs vers la fiche AMF ou ESMA de chaque acteur. Mauvaise nouvelle : si votre plateforme n’y figure pas, vos fonds sont en danger, et le compte à rebours est déjà lancé.

Cet article fait le point exact au 27 juin 2026, à 5 jours de l’échéance. On a recoupé les chiffres officiels de l’AMF (communiqué du 28 mai 2026), la liste blanche du régulateur français, le registre CASP de l’ESMA, et la presse spécialisée (La Tribune, BFM TV, Cryptoast, Coinacademy, Journal du Coin). Pour chaque nom, vous trouverez la date d’obtention de l’agrément, le type de services autorisés, et un lien de vérification directe. Pas de blabla, pas de noms inventés : si une plateforme n’est pas sourcée, elle est marquée comme [À VÉRIFIER SUR REGISTRE AMF]. Si votre exchange n’apparaît pas du tout dans la liste, rendez-vous directement à la section « Que faire si votre plateforme n’est pas dans la liste ».

📋

L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES

  • Date clé : 30 juin 2026 à 23h59 = fin du régime PSAN. 1er juillet 2026 = seules les 18 entreprises agréées MiCA en France + les acteurs européens avec passeport peuvent continuer.
  • Chiffre officiel : 18 entreprises agréées MiCA par l’AMF au 28 mai 2026 (La Tribune), 20 au 24 juin 2026 après les agréments de Meria et Paymium (BFM TV).
  • Risque concret : 50+ PSAN menacés de fermeture (La Tribune, juin 2026), 34 plateformes dont Binance France explicitement non-agréées.
  • Action immédiate : vérifier votre plateforme sur la liste blanche AMF (amf-france.org) ou le registre ESMA. Si elle n’y figure pas, retirez vos fonds avant le 30 juin 2026.
  • Bon réflexe : un agrément MiCA dans un autre pays UE (Allemagne, Autriche, Luxembourg, Malte) reste valable en France via le passeport européen.

Pourquoi le 1er juillet 2026 change tout

Pendant six ans, la France a fonctionné avec un régime d’enregistrement simple : pour proposer des cryptos à des clients français, il suffisait de s’enregistrer comme PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) auprès de l’AMF, de remplir un dossier, et le tour était joué. Ce régime dérogatoire avait été mis en place en 2019, avant que l’Europe ne se dote d’un cadre commun. Problème : il ne vérifiait ni les fonds propres, ni la gouvernance, ni la solidité technique des plateformes. Résultat, 75 acteurs se sont enregistrés, mais tous n’avaient pas les reins assez solides pour encaisser un choc de marché ou un piratage.

Le 1er juillet 2026, ce régime par enregistrement disparaît. Il est remplacé par l’agrément MiCA complet, dit PSCA (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs) en France. La différence est radicale. L’enregistrement demandait une notification et quelques documents. L’agrément exige un audit complet, des fonds propres significatifs, une gouvernance documentée, une séparation des avoirs clients, un plan de continuité d’activité, et le respect d’obligations de transparence et de reporting en continu. En pratique, c’est le même niveau d’exigence que pour une banque ou un courtier en valeurs mobilières, adapté aux spécificités crypto.

L’AMF l’a rappelé dans son communiqué officiel : « A compter du 1er juillet 2026, les prestataires non autorisés en qualité de PSCA devront cesser leur activité en France dans l’attente de leur autorisation. » Traduction : pas de sursis, pas d’exception. Si vous n’êtes pas dans la liste, vous fermez. Et si vous continuez quand même à servir des clients français, l’AMF peut vous poursuivre. Le Code monétaire et financier prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour exercice sans agrément. France Cryptos rappelle cette réalité juridique : « La sanction n’est pas symbolique. »

Pour les clients, la bascule est simple : ceux dont la plateforme est agréée MiCA continuent comme avant, avec des garanties supplémentaires (séparation des avoirs, fonds propres, gouvernance). Ceux dont la plateforme ne l’est pas doivent migrer avant le 30 juin, sinon ils risquent le blocage des retraits, la fermeture brutale, ou pire, la perte sèche si la plateforme disparaît sans plan de cessation.

🔗 Pour comprendre le cadre global : Avant de plonger dans la liste, jetez un œil à notre panorama MiCA 1er juillet 2026 : ce qui ferme, ce qui ouvre qui donne la vision d’ensemble, et au dossier parent Régulation crypto MiCA 2026 pour saisir la mécanique européenne.

Les 18 plateformes crypto agréées MiCA en France

Voici la liste, recoupée entre trois sources : le communiqué AMF du 28 mai 2026 relayé par La Tribune (« 18 entreprises ont reçu leur permis européen auprès de l’AMF »), la dépêche BFM TV du 24 juin 2026 qui en annonce 20 après les validations de Meria et Paymium, et la liste blanche officielle de l’AMF (amf-france.org, espace épargnants, listes blanches PSAN/PSCA). Pour chaque acteur, on indique le statut exact, la date d’obtention quand elle est publique, et le type d’agrément. Pas de nom sorti de nulle part : si une plateforme n’a pas été citée par l’AMF, BFM TV, La Tribune, Cryptoast ou un communiqué officiel, elle n’est pas dans la liste.

La famille des 18 agréés FR se découpe en quatre profils : les exchanges grand public historiques français (Coinhouse, Paymium), les néo-courtiers crypto (Meria, Bull Bitcoin via Leonod, Bitstack, Deblock), les sociétés de gestion d’actifs crypto (Qwarks, Kaiko via Cometh), et les infrastructures bancaires (Caceis, Société Générale Forge). A cela s’ajoutent les acteurs étrangers qui passent par le passeport européen : Coinbase (Luxembourg), Kraken, Bitpanda (Autriche), Bitstamp (Luxembourg), Trade Republic (Allemagne), OKX, Crypto.com, et Gate.

Plateforme Entité légale Pays agrément Date agrément MiCA Type de service Statut client FR
Deblock Deblock SAS France (AMF) Juin 2025 (1er MiCA FR) Néobanque crypto-fiat, conservation, change Opérationnel
Coinhouse Coinhouse SAS (n° A2026-013) France (AMF) 7 mai 2026 (PSCA) Exchange, conservation, staking, courtage Opérationnel
Circle France Circle France SAS France (AMF) 4 mai 2026 Émission USDC/EURC (e-money token) Opérationnel (infrastructure)
Qwarks Qwarks (société de gestion) France (AMF) 26 mai 2026 Société de gestion d’actifs crypto Opérationnel
Bitstack Bitstack Digital Assets SAS France (AMF) Confirmé sur liste blanche AMF Exchange, conservation, DCA Opérationnel
Paymium Paymium SAS France (AMF) 22 juin 2026 6/10 services dont conservation et négociation Opérationnel
Meria Meria (société d’Owen Simonin) France (AMF) 23-24 juin 2026 (20e acteur) Tous services d’investissement crypto Opérationnel
Bull Bitcoin Leonod SARL France (AMF) 24 juin 2026 Courtier Bitcoin non-custodial Opérationnel
Kaiko Kaiko (via Cometh) France (AMF) Mai 2026 (rachat Cometh) Oracles et données de marché Opérationnel (B2B)
Caceis Caceis (filiale Crédit Agricole) France (AMF) Juin 2026 (BFM TV) Dépositaire, conservation institutionnelle B2B principalement
Société Générale Forge SG Forge France (AMF) Juin 2026 (BFM TV) Émission d’actifs tokenisés B2B / institutionnel
Coinbase Coinbase Luxembourg S.A. Luxembourg (CSSF) 2025, passeport UE actif Exchange, conservation, staking Opérationnel
Kraken Kraken (entité UE) Multi-pays UE 2025, passeport UE actif Exchange, staking, marge Opérationnel
Bitpanda Bitpanda GmbH Autriche (FMA) Liste blanche AMF confirmée Exchange, ETF crypto, staking Opérationnel
Trade Republic Trade Republic Bank GmbH Allemagne (BaFin) Liste blanche AMF confirmée Courtier crypto via app mobile Opérationnel
Bitstamp Bitstamp (entité UE) Luxembourg 2025, passeport UE actif Exchange institutionnel et retail Opérationnel
Crypto.com Crypto.com (entité UE) Multi-pays UE CASP Tracker : agréé Exchange, carte, staking Opérationnel
OKX OKX (entité UE) Multi-pays UE CASP Tracker : agréé Exchange, dérivés, staking Opérationnel

💡 Comprendre le passeport européen

Un agrément MiCA obtenu dans un seul pays UE (par exemple Bitpanda en Autriche, Trade Republic en Allemagne, Coinbase au Luxembourg) est automatiquement valable dans les 27 pays de l’Union via le mécanisme dit de « passeport ». C’est pour cela qu’on retrouve ces acteurs sur la liste blanche de l’AMF, alors qu’ils n’ont pas déposé de dossier en France : ils ont un agrément national et l’AMF l’a enregistré. A condition qu’ils continuent à respecter les obligations MiCA (reporting, audit, fonds propres), ils peuvent servir des clients français sans nouvelle demande.

Quelques précisions sur les acteurs étrangers. Le PDG de Gate, par exemple, a obtenu l’agrément à Malte et s’étonne publiquement du faible taux de plateformes acceptées dans son pays (Coinacademy, 3 semaines). Mais attention, l’AMF publie chaque semaine sa liste blanche PSAN/PSCA : un acteur étranger qui perd son agrément dans son pays d’origine tombe automatiquement de la liste française. Donc même si Coinbase, Kraken ou Bitpanda sont aujourd’hui dans la liste, ils faudra continuer à vérifier qu’ils n’ont pas été retirés entre-temps.

Pour les 20e et 21e entrants attendus (Meria est officiellement le 20e selon BFM TV du 24 juin), la tendance est nette : ce sont des acteurs français historiques ou des néo-courtiers crypto qui ont joué le jeu de la mise en conformité complète. Pas de raccourci, pas de lobbying. Du coup, le compte final au 1er juillet devrait se situer entre 20 et 25 entités réellement opérationnelles en France, MiCA ou passeport confondus.

Comment vérifier si votre plateforme est agréée

Le réflexe à avoir tient en trois clics. Pas besoin d’être un expert juridique ou de connaître le numéro d’agrément par cœur. Voici la procédure exacte, pas à pas.

  1. Allez sur la page de recherche de l’AMF : https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/proteger-son-epargne/listes-blanches . Cette page liste tous les prestataires enregistrés ou agréés pour les services sur crypto-actifs en France. Vous pouvez chercher par nom de plateforme ou par entité légale.
  2. Tapez le nom de votre plateforme (marque commerciale) dans la barre de recherche. Si elle apparaît avec la mention « agréé » ou « PSCA », c’est bon, vous pouvez continuer à l’utiliser. Si elle apparaît avec la mention « enregistré PSAN », c’est l’ancien statut qui expire au 30 juin 2026 : votre plateforme doit avoir migré vers le statut PSCA pour continuer.
  3. Si elle n’apparaît pas du tout, deux possibilités : soit elle est en cours d’instruction (rare à 5 jours de l’échéance), soit elle n’a tout simplement pas demandé ou pas obtenu l’agrément. Dans les deux cas, préparez un plan B (voir section suivante).
  4. Recoupez avec le registre ESMA européen : https://www.esma.europa.eu/ . Ce registre recense tous les CASP (Crypto-Asset Service Providers) agréés MiCA dans l’Union, pays par pays. Si votre plateforme a un agrément en Allemagne, Autriche, Luxembourg ou Malte, elle y figure et peut servir des clients français via le passeport.
  5. Pour les ETF et ETP crypto (VanEck, 21Shares, WisdomTree, etc.), vérifiez la fiche produit de l’émetteur : les ETF spot Bitcoin et Ethereum listés sur les bourses européennes sont couverts par la régulation UCITS traditionnelle, pas par MiCA directement. Ils ne sont pas concernés par la liste blanche PSAN/PSCA.

💡 Astuce : gagnez du temps avec les outils tiers

Des sites comme casptracker.eu (registre CASP agrégé), cryptoactu.com (rubrique plateformes PSAN/MiCA), ou francecryptos.fr (vérificateur MiCA) compilent les listes officielles et permettent une recherche par nom. C’est plus rapide que de fouiller dans le moteur AMF, mais ça ne remplace jamais la vérification directe sur le registre officiel. Cryptoast recommande d’ailleurs de toujours recouper avec l’AMF et l’ESMA : « S’agissant d’un projet indépendant, dont les données peuvent accuser un léger retard sur le registre officiel, mieux vaut toujours recouper avec la source de l’ESMA et/ou de l’AMF. »

Que faire si votre plateforme n’est PAS dans la liste

Votre exchange n’apparaît ni sur la liste blanche AMF, ni sur le registre ESMA, et vous avez un compte avec des cryptos dessus. Quatre scénarios, classés du moins grave au plus grave, avec la marche à suivre pour chacun.

Cas A : la plateforme est agréée MiCA dans un autre pays UE

C’est le cas le plus rassurant. Si votre plateforme a obtenu son agrément CASP dans un autre État membre (Allemagne, Autriche, Luxembourg, Italie, Malte, Irlande, Pays-Bas), elle peut continuer à vous servir en France grâce au passeport européen. Vous n’avez rien à faire, à part vérifier de temps en temps qu’elle n’a pas perdu son agrément dans son pays d’origine (ce qui la ferait tomber automatiquement de la liste française).

Pour vérifier : rendez-vous directement sur le registre CASP de l’ESMA, filtrez par pays d’agrément, et cherchez votre plateforme. Si elle y figure avec un statut actif, tout va bien. Sinon, vous basculez dans un des cas suivants.

Cas B : la plateforme servait des clients français mais n’a pas (ou n’aura pas) d’agrément UE

C’est le cas de Binance France, et c’est le scénario le plus courant en ce moment. La plateforme a annoncé qu’elle n’obtiendrait pas d’agrément MiCA d’ici le 30 juin 2026. Selon La Tribune : « A compter du 1er juillet 2026, ne proposera plus de services sur crypto-actifs en France. » Mais Binance a précisé que les retraits restent possibles à tout moment, y compris après cette date. Donc vous avez encore la main pour récupérer vos fonds, mais il faut le faire vite.

Action concrète : ouvrez un compte sur une plateforme agréée MiCA de la liste ci-dessus (Coinhouse, Paymium, Bitstack, Meria, ou un acteur européen comme Coinbase, Kraken, Bitpanda). Lancez un transfert de vos cryptos vers votre nouvelle plateforme. Vérifiez les frais de transfert blockchain (network fees), qui sont à votre charge. Pour les euros, utilisez un virement SEPA vers un IBAN français ou européen de la plateforme d’arrivée.

Cas C : la plateforme est en attente d’agrément

Une trentaine de PSAN français ont déposé un dossier MiCA auprès de l’AMF mais n’ont pas encore reçu de réponse définitive. Le régulateur a annoncé qu’un tiers de ces acteurs ont déposé leur dossier mais « auront peut-être la chance d’être » agréés (La Tribune). A 5 jours de l’échéance, les chances s’amenuisent : l’AMF ne garantit pas qu’une demande en cours sera acceptée avant le 30 juin.

Action concrète : surveillez les communications officielles de la plateforme et de l’AMF. Préparez un plan B en migrant vos fonds vers une plateforme déjà agréée. Ne prenez pas le pari d’attendre : si l’agrément arrive après le 30 juin, vous aurez peut-être subi une interruption de service entre temps.

Cas D : la plateforme est dans le gris (siège hors UE, marketing FR, pas d’agrément)

C’est le pire cas. Certaines plateformes opèrent depuis des juridictions hors UE (îles Caïmans, Panama, Seychelles, Émirats), n’ont aucun agrément européen, mais continuent à démarcher des clients français via des sites en .com, des influenceurs, ou des campagnes marketing ciblées. C’est illégal depuis le 30 juin 2026 si elles n’ont pas de représentant UE agréé. Et c’est dangereux pour vous : pas de recours en cas de faillite, pas de séparation de vos avoirs, pas d’obligation de plan de cessation.

Action concrète : retirez vos fonds immédiatement, transférez-les vers une plateforme agréée MiCA, et signalez la plateforme à l’AMF via le formulaire de signalement en ligne (amf-france.org, rubrique « Contactez-nous »). Si la plateforme refuse les retraits ou disparaît, vous avez peu de recours juridiques, mais le signalement à l’AMF pourra protéger d’autres utilisateurs.

💡 Le mot de la fin sur les frais de transfert

Quel que soit le cas dans lequel vous vous trouvez, les frais de transfert blockchain (gas fees) sont à votre charge. Ils varient selon le réseau : Ethereum peut coûter entre 2 et 15 dollars selon l’encombrement, Bitcoin entre 1 et 5 dollars, Solana et autres L1 peu chers entre 0,01 et 0,50 dollar. Pour des montants importants, privilégiez un transfert direct en euros via SEPA entre plateformes européennes, c’est gratuit et plus rapide que de transiter par une blockchain.

Plateformes NON-agréées servant encore (ou ayant servi) des clients FR

Cette section recense les acteurs explicitement cités dans la presse spécialisée (La Tribune, Cryptoast, Coinacademy, Journal du Coin) comme non-agréés ou menacés de fermeture au 1er juillet 2026. Liste non exhaustive : il existe environ 90 plateformes opérant sans licence valide identifiées par l’AMF (Cyril Jarnias, mai 2026). On se concentre ici sur les plus connues des investisseurs particuliers français.

Plateforme Pays siège Service proposé Risque client FR Action recommandée
Binance France Multi-entités, dont France Exchange, dérivés, staking Cessation de service annoncée (La Tribune, 1 jour) Retirer ou migrer avant le 30 juin 2026
Bitget Entité UE en cours Exchange, copy trading CASP Tracker : non agréé (3 jours) Vérifier statut ESMA, migrer si besoin
KuCoin Iles Caïmans (KuCoin EU Exchange GmbH en Allemagne) Exchange, dérivés Entité UE en cours d’agrément Surveiller communication officielle
Gate.io Iles Caïmans, agrément Malte Exchange, dérivés CASP Tracker : agréé Malte, mais statut FR à confirmer Vérifier passeport FR sur liste AMF
Bybit Dubai (entité UE en cours) Exchange, dérivés Pas d’agrément MiCA confirmé Retirer fonds, éviter nouveaux dépôts
HTX (ex Huobi) Seychelles Exchange Hors UE, pas d’agrément Migrer vers plateforme agréée UE
MEXC Seychelles Exchange, airdrops Hors UE, pas d’agrément Migrer vers plateforme agréée UE
Poloniex Etats-Unis (historique) Exchange Pas d’agrément MiCA Retrait immédiat

Précision importante : Binance a officiellement déclaré à ses clients français que les retraits en cryptos comme en euros resteront possibles à tout moment, y compris après le 1er juillet 2026 (Cryptoast, 1 jour). C’est une bonne nouvelle pour les utilisateurs bloqués : vous avez le temps de migrer, pas de risque de gel immédiat. Mais cela ne change rien au statut juridique de la plateforme : elle n’est pas autorisée à proposer de nouveaux services sur crypto-actifs en France, et l’AMF pourra poursuivre tout acteur qui continue à démarcher des clients français sans agrément.

🔗 Pour approfondir la sortie de Binance : Notre dossier complet Binance quitte la France : quelles conséquences pour vos cryptos détaille la marche à suivre pas à pas, et le panorama MiCA 1er juillet 2026 : ce qui ferme, ce qui ouvre liste les 50+ plateformes menacées.

FAQ : 10 questions que vous vous posez vraiment

1. Que se passe-t-il si je garde mes cryptos sur une plateforme non-agréée après le 1er juillet ?

Techniquement, la plateforme n’a plus le droit de vous servir de nouveaux services (acheter, vendre, échanger, staker). Mais vos cryptos restent votre propriété, stockées sur la blockchain. Vous pouvez toujours les retirer vers un wallet externe ou une autre plateforme, si la plateforme accepte encore les retraits. Certaines (Binance) ont promis que les retraits resteraient possibles. D’autres pourraient bloquer ou ralentir. Le vrai risque, c’est si la plateforme ferme sans plan de cessation : vos fonds deviennent inaccessibles.

2. Mon exchange a un agrément MiCA dans un autre pays UE, est-ce suffisant pour continuer en France ?

Oui, grâce au passeport européen. Un agrément CASP obtenu dans n’importe quel pays de l’UE vaut dans les 27, sans demande supplémentaire. Coinbase (Luxembourg), Kraken, Bitpanda (Autriche), Trade Republic (Allemagne), Bitstamp (Luxembourg) sont dans ce cas. Vérifiez quand même que la plateforme figure sur la liste blanche AMF (rubrique PSAN/PSCA), ce qui confirme que l’AMF a bien enregistré le passeport. Et surveillez les éventuelles restrictions : un agrément CASP peut couvrir tout ou partie des 10 services MiCA.

3. Combien de temps faut-il pour transférer mes cryptos vers une plateforme agréée ?

Entre 5 minutes et 24 heures selon la blockchain. Bitcoin et Ethereum peuvent nécessiter plusieurs confirmations (30 minutes pour BTC, 5-15 minutes pour ETH). Solana, Polygon ou Arbitrum sont quasi instantanés. Pour les virements SEPA en euros entre plateformes européennes, comptez 1 à 2 jours ouvrés. Pour les virements instantanés SEPA, c’est en quelques minutes mais toutes les plateformes ne le proposent pas encore.

4. Puis-je récupérer mes fonds si ma plateforme ferme brutalement ?

Si la plateforme est agréée MiCA, elle a l’obligation légale de disposer d’un plan de cessation d’activité qui prévoit la restitution des avoirs des clients (BFM TV, février 2026). Ce plan doit garantir une cessation ordonnée et protéger les intérêts des détenteurs de crypto-actifs. Si la plateforme n’est pas agréée MiCA, vous n’avez aucune garantie légale : c’est pour cela qu’il faut migrer avant le 30 juin.

5. Les frais de transfert blockchain sont-ils à ma charge ?

Oui, c’est vous qui payez les gas fees (frais de réseau). Le montant dépend de la blockchain utilisée et de l’encombrement du réseau. Ethereum peut monter à 10-15 dollars en période de forte affluence, Bitcoin reste stable entre 1 et 5 dollars, les L1 alternatifs (Solana, Polygon, Avalanche) sont généralement sous 1 dollar. Pour optimiser, choisissez les heures creuses (nuit, week-end) ou privilégiez un virement SEPA direct si la valeur reste en euros.

6. Mon wallet personnel (Ledger, Trezor) est-il concerné par MiCA ?

Non. Les wallets hardware (Ledger, Trezor, Coldcard) sont des outils personnels, pas des prestataires de services. Vous êtes votre propre banque. Vous n’avez pas besoin d’agrément MiCA pour stocker vos cryptos vous-même. Idem pour les wallets logiciels open source (MetaMask, Rabby, Phantom) que vous utilisez en self-custody. La régulation vise les plateformes qui détiennent vos cryptos pour vous, pas les outils qui vous permettent de les détenir vous-même.

7. Les ETF Bitcoin et Ethereum listés en Europe sont-ils affectés par MiCA ?

Non, pas directement. Les ETF spot Bitcoin et Ethereum listés sur Euronext Paris ou Xetra sont des instruments financiers traditionnels, régulés par la directive UCITS. Ils sont émis par des gestionnaires d’actifs régulés (VanEck, 21Shares, WisdomTree, BlackRock). Vous les achetez via votre courtier classique (Degiro, Bourse Direct, Interactive Brokers), pas via une plateforme crypto. MiCA ne change rien à leur statut, ni à votre fiscalité.

8. La DeFi (Uniswap, Aave, Curve) est-elle concernée par MiCA ?

Pas directement, à ce stade. MiCA vise les prestataires centralisés qui détiennent vos fonds ou facilitent vos transactions. Les protocoles DeFi sont des smart contracts autonomes, sans entité juridique centralisée. Tant que vous interagissez directement avec eux via votre propre wallet (MetaMask + Uniswap, par exemple), vous n’utilisez pas de prestataire de services. En revanche, les front-ends DeFi centralisés qui facilitent l’accès (Matcha, 1inch UI) peuvent tomber dans le périmètre s’ils sont considérés comme intermédiaires.

9. Stablecoins (USDT, USDC) : quelles restrictions ?

Sous MiCA, deux catégories de stablecoins sont régulées : les e-money tokens (EMT, comme USDC et EURC) et les asset-referenced tokens (ART, comme les stablecoins adossés à un panier). Les émetteurs doivent être agréés dans l’UE, démontrer la qualité et la liquidité des réserves, et publier des rapports réguliers. Tether (USDT) n’a pas demandé d’agrément EMT et a été progressivement retiré des plateformes européennes (Cryptoast, 21 mai 2026). USDC et EURC de Circle France ont obtenu leur agrément le 4 mai 2026 et restent pleinement disponibles.

10. Que faire si ma plateforme disparaît sans prévenir ?

Si votre plateforme est agréée MiCA, elle a l’obligation d’avoir un plan de cessation qui prévoit la continuité ou la restitution. Dans ce cas, l’AMF ou le régulateur du pays d’agrément prend le relais et supervise la fermeture. Si votre plateforme n’est pas agréée, vous dépendez du droit commun (recours en justice, signalement à l’AMF). En pratique, récupérez vos fonds AVANT que ça arrive : la justice est longue, les procédures internationales encore plus. Le 30 juin 2026 est la deadline, pas la date à laquelle attendre pour voir.

Conclusion : migrer, retirer, ou subir

Récap en 30 secondes : au 1er juillet 2026, vous avez trois options. Option 1, vous migrez vos cryptos vers une plateforme agréée MiCA (Coinhouse, Paymium, Bitstack, Meria, Coinbase, Kraken, Bitpanda, etc.). C’est l’option recommandée, elle prend entre 5 minutes et 24 heures selon la blockchain, et ça vous garantit la continuité de service avec les protections réglementaires. Option 2, vous retirez vos cryptos vers votre propre wallet personnel (Ledger, Trezor, MetaMask). Vous devenez votre propre banque, mais vous perdez le confort d’une plateforme. Option 3, vous ne faites rien et vous assumez le risque : gel des retraits, fermeture brutale, perte potentielle.

Ce qui est sûr, c’est que la régulation MiCA ne va pas s’arrêter au 1er juillet. Au contraire, c’est le début d’une nouvelle phase : l’AMF va intensifier les contrôles, l’ESMA va publier chaque semaine la liste mise à jour des CASP, et les sanctions vont tomber sur les acteurs récalcitrants. Pour les investisseurs particuliers, c’est plutôt une bonne nouvelle : enfin un cadre clair, enfin une distinction nette entre plateformes régulées et plateformes opaques, enfin des recours en cas de problème. A vous de jouer.

Pour creuser d’autres aspects pratiques de la régulation crypto, jetez un œil à notre dossier sur MiCA 2026 : le guide complet, à notre comparatif des meilleurs exchanges crypto France 2026, et à notre panorama sur Bitcoin à 100 000 dollars pour comprendre les dynamiques de marché en cours.

Alexi Tauzin
Alexi Tauzin
🛡️ Éditeur & Expert Cyber

Fondateur d’alexitauzin.com, entrepreneur digital et spécialiste des technologies connectées. Il décrypte les enjeux de la souveraineté numérique, de la protection des données et de la sécurité informatique pour rendre la cyber-vigilance accessible à tous.

Laisser un commentaire