En 2026, les fonds spéculatifs ont réduit leurs emprunts à une vitesse rarement vue

En 2026, les fonds spéculatifs ont fortement réduit leur levier. Voici les raisons de ce désendettement rapide et ses implications pour la gestion du risque.

Courbe financière en baisse et levier métallique sur un bureau de marché

Dans le monde des fonds spéculatifs (les « hedge funds »), il y a habituellement davantage de capital emprunté que de fonds propres investis. C’est ce qu’on appelle le levier : emprunter, investir, rembourser et conserver si possible un profit net significatif. Une analyse de la vénérable banque Goldman Sachs montre que cette part d’emprunt a été fortement réduite en 2026. Rarement les grands acteurs des marchés avaient réduit la voilure aussi vite.

Ce que mesure le graphique très médiatisé de Goldman Sachs

Repris et commenté par une poignée d’analystes de marché, le graphique de cette analyse montre que le levier « brut » des hedge funds a reculé d’environ 8 % en trois mois au troisième trimestre 2026. C’est une baisse d’une ampleur inédite depuis le printemps 2020.

En termes simples, rarement les fonds spéculatifs ont aussi vite réduit leur endettement par mesure de prudence. En effet, la courbe mesure bien un écart entre un sommet et un creux, donc la rapidité du remboursement, et non la dette qui reste engagée ensuite.

La dette des fonds, elle, reste importante (312 % des portefeuilles en mars). Dans une note relayée le 21 août, la banque confirmait que l’exposition des grands fonds aux valeurs boursières de l’IA est toujours supérieure aux normes historiques, même si légèrement en retrait par rapport au début d’année.

Nvidia, l’histoire folle de l’entreprise la plus chère du monde née dans un fast-food

Qu’est-ce que le levier et l’effet de levier ?

Lorsqu’un investisseur a recours au levier, il commence par déposer une « marge » à son courtier. C’est une somme déposée en garantie de l’emprunt consenti par le courtier. Avec 10 % de marge, un euro déposé est porté à 10 euros d’exposition. L’investisseur est donc en mesure d’investir avec un capital multiplié par 10.

Mais attention, le mécanisme joue alors dans les deux sens. Si la position gagne 5 %, le dépôt en gagne 50, tandis que si elle perd 5 %, il en perd autant. Quand tout se passe bien, l’investisseur rembourse l’emprunt et conserve un gain multiplié d’autant. Cet effet de levier en trading représente le scénario recherché.

Quand la position part en territoire négatif, le prêteur réclame des garanties supplémentaires pour couvrir la perte, ce qu’on appelle l’appel de marge. Voilà pourquoi le levier est encadré par le régulateur (l’AMF) : un particulier qui trade l’action Nvidia sur son compte de CFD, par exemple, sera limité à cinq fois sa mise par trade, en guise de garde-fou pour sa gestion du risque.

Pourquoi tant de prudence ? La géopolitique pèse sur les paris haussiers

Parmi les nombreux facteurs pris en considération par les fonds spéculatifs, le principal semble être d’ordre géopolitique. Depuis le mois de mars, le conflit au Moyen-Orient perturbe le transport maritime dans le golfe Persique.

Il entretient l’inflation mondiale des prix alimentaires et, plus généralement, industriels par les cours du pétrole et du gaz.

Une inflation qui inquiète, autant en France et en Europe qu’aux États-Unis, où le nouveau président de la Réserve fédérale (la banque centrale américaine) Kevin Warsh a même décrit l’augmentation des prix comme « préoccupante », lors de son tout premier discours de politique monétaire.

Des marchés plus nerveux signifient des variations quotidiennes plus fortes des portefeuilles. Les portefeuilles à levier sont donc logiquement beaucoup plus exposés. Réduire la voilure est alors, pour un gérant, une mesure essentielle de gestion du risque.

Disclaimer

Les informations fournies ne constituent pas une recherche en investissement. Elles n’ont pas été préparées conformément aux exigences légales visant à promouvoir l’indépendance de la recherche en matière d’investissement et doivent donc être considérées comme une communication commerciale.

Toutes les informations ont été préparées par ActivTrades (« AT »). L’information ne contient pas un enregistrement des prix d’AT, ni une offre ou une sollicitation pour une transaction dans un instrument financier. Aucune représentation ou garantie n’est donnée quant à l’exactitude ou l’exhaustivité de ces informations.

Tout matériel fourni ne tient pas compte de l’objectif d’investissement spécifique et de la situation financière de toute personne susceptible de le recevoir. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. AT fournit un service d’exécution uniquement. Par conséquent, toute personne agissant sur la base des informations fournies le fait à ses propres risques.

Laisser un commentaire