Ransomware en 2026 : les 5 secteurs les plus ciblés (et pourquoi)

En 2025, l’ANSSI a recensé 128 compromissions par rançongiciel en France, contre 141 en 2024, dans un bilan rendu public en mars 2026. La pression reste massive : cybercriminels plus organisés, rançons plus lourdes. Comme nous l’avions documenté sur les attaques ShinyHunters en 2026, le modèle s’est industrialisé : Ransomware-as-a-Service, double extorsion, courtiers d’accès initial.

Tous les secteurs ne sont pas égaux. Selon Siècle Digital reprenant l’ANSSI, l’éducation et la recherche concentrent 34 % des signalements, suivies par les ministères et collectivités (24 %), la santé (10 %) et les télécoms (9 %). À l’échelle mondiale, le Sophos State of Ransomware 2025 confirme que la santé, l’industrie, les administrations et la finance restent les cibles les plus lucratives, avec un coût moyen par incident santé dépassant 7,4 millions de dollars.

Voici les 5 secteurs les plus exposés en 2026, les raisons de leur ciblage, le déroulé exact d’une attaque, ses conséquences réelles pour une entreprise, et la marche à suivre pour s’en protéger. Sources : ANSSI, ENISA, FBI IC3, Coveware, croisés avec notre retour d’expérience et nos 25 outils gratuits pour protéger vos données.

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L’essentiel en 30 secondes

  • Le chiffre ANSSI : 128 compromissions par rançongiciel en France en 2025 (-9 % vs 2024), avec une bascule claire sur les administrations, la santé et l’éducation.
  • Le top 5 mondial : santé, éducation/recherche, finance, administrations/collectivités, industrie/OT (selon Sophos et ENISA).
  • Le coût caché : ransom moyen $1 M, mais le rapport Sophos chiffre le coût total par incident à $1,93 M et la santé à $7,42 M en moyenne.
  • Le délai critique : Coveware confirme que les entreprises qui paient récupèrent en moyenne seulement 8,7 % de la demande initiale, sur des rançons médianes de $200 000 à $1,13 M selon le trimestre.
  • La règle d’or : sauvegardes 3-2-1 chiffrées hors-ligne + MFA sur tous les comptes + EDR +PRA/PCA testé. C’est la combinaison minimale recommandée par le CISA Stop Ransomware Guide et par l’ANSSI.

Pourquoi le ransomware est-il la cybermenace numéro un en 2026 ?

Le rançongiciel n’est plus une affaire de hackers isolés. C’est une économie souterraine mature, structurée autour d’affiliés, de courtiers d’accès initial et de plates-formes de négociation. Le Threat Landscape 2025 de l’ENISA insiste : la principale menace immédiate provient d’acteurs financièrement motivés, dont l’efficacité repose sur le Ransomware-as-a-Service (RaaS).

Le ransomware 2026 France n’est plus un risque théorique : c’est la première cause de cyberattaque réussie contre les entreprises françaises selon l’ANSSI, avec une hausse de 37% des incidents déclarés entre 2024 et 2025.

Concrètement, un attaquant sans grande compétence peut aujourd’hui louer un panneau de contrôle, une famille de rançongiciels et un service de négociation pour 10 à 30 % de la rançon encaissée. Selon le FBI, plus de 63 nouvelles variantes de rançongiciels ont été identifiées en un an, et les pertes totales cybercrime ont dépassé les 20,9 milliards de dollars aux États-Unis.

En France, l’ANSSI rappelle que le modèle économique de l’extorsion continue de se professionnaliser (affiliés, courtiers d’accès, négociateurs). La menace est désormais un risque structurel.

Quels sont les 5 secteurs les plus ciblés par les ransomwares en 2026 ?

Les attaquants ne frappent pas au hasard. Ils cherchent le meilleur ratio entre effort et gain. Cela signifie : des données critiques que l’on ne peut pas perdre, une capacité de paiement élevée, et une surface d’attaque mal défendue. Voici les 5 secteurs qui réunissent ces trois critères en 2026.

Voici les 5 secteurs les plus ciblés par les ransomware 2026 France en s’appuyant sur les données publiques de l’ANSSI, les statistiques Coveware et les rapports CERTFR.

1. Santé : les hôpitaux et cliniques sous pression permanente

Le secteur de la santé reste la cible numéro un au monde. Le Sophos State of Ransomware in Healthcare 2025, publié en octobre 2025, confirme que 67 % des établissements interrogés ont été touchés sur l’année écoulée, avec un coût moyen par incident de 7,42 millions de dollars, le plus élevé de tous les secteurs.

Le secteur de la santé est la cible n°1 du ransomware 2026 France : hôpitaux, cliniques, EHPAD, laboratoires. Les attaquants savent que ces structures ne peuvent pas se permettre d’arrêter leurs soins, ce qui maximise la probabilité de paiement de la rançon.

Pourquoi une telle surexposition ? Parce qu’un hôpital ne peut pas se permettre de rester 24 heures sans accès aux dossiers patients, à l’imagerie médicale ou à la chaîne logistique des médicaments. Chaque heure d’arrêt peut mettre en jeu la vie d’un patient. C’est la raison pour laquelle les rançons sont plus élevées : la pression sur la victime est extrême. En France, plusieurs CHU ont été touchés depuis 2024, comme l’a documenté notre panorama du Silent Ransom Group et des faux techniciens en entreprise.

Le second facteur est la donnée : un dossier patient combine identité, sécurité sociale, historiques médicaux, assurances, parfois numéros de carte. Cette sensibilité justifie la qualification d’« urgence vitale » et l’obligation de notification à la CNIL sous 72 heures imposée par le RGPD.

2. Éducation et recherche : universités, lycées et laboratoires en première ligne

Selon l’ANSSI, l’éducation et la recherche représentent 34 % des compromissions signalées en 2025, soit plus du tiers des incidents. Le secteur combine une surface d’attaque énorme (étudiants, chercheurs, sous-traitants, IoT dans les amphis connectés) avec des budgets IT historiquement sous-dotés.

Dans le ransomware 2026 France, l’éducation et la recherche arrivent en deuxième position : universités, lycées, CNRS, laboratoires publics. Budgets IT limités, données de recherche sensibles, et périodes de rentrée propices aux attaques.

Les établissements stockent des données massives sur les étudiants, les chercheurs, les projets, parfois financés sur fonds publics sensibles. Les attaquants le savent : une université divulguerait plus facilement des données confidentielles pour éviter une exposition médiatique et réglementaire. C’est pour cela que l’ANSSI qualifie l’éducation de cible prioritaire.

Aux États-Unis, l’IC3 2025 du FBI relève aussi une recrudescence des attaques contre des établissements scolaires K-12, souvent via des prestataires de services scolaires (edtech) compromis en amont. Pour les familles et les enfants, notre dossier enfants et cybersécurité 2026 fournit un cadre de bonnes pratiques directement applicable.

3. Finance : banques, assurances et fintechs, le jackpot chiffré

Le secteur financier est une cible classique mais évolutive. Les banques sont désormais matures côté défense (DORA, ACPR, audits réguliers), mais les assureurs, les fintechs et les néo-banques ont pris le relais. Pour un attaquant, viser un acteur financier garantit une capacité de paiement élevée et une fenêtre de pression courte (résolution exigée sous 24 à 72 heures).

Le secteur financier reste un jackpot pour le ransomware 2026 France : banques, assurances, fintechs. Données financières critiques, obligation de notification rapide (DORA), et capacité de paiement élevée.

Le Sophos State of Ransomware 2025 chiffre le coût moyen par incident dans les services financiers à 5,37 millions de dollars, avec 49 % des entreprises touchées payant effectivement la rançon (contre 26 % en moyenne tous secteurs). Ces paiements expliquent pourquoi le secteur reste aussi attractif pour les attaquants, malgré une surface défensive en apparence plus solide.

Une autre tendance 2026 documentée par Coveware : la cible des ransomwares dérive vers les sous-traitants financiers, gestionnaires de patrimoine, courtiers crypto réglementés et auditeurs. Tous concentrent la donnée de dizaines de clients sans disposer forcément des défenses d’une grande banque. Pour les acteurs français de la finance, nous recommandons de relire notre dossier sur le cloud souverain européen 2026, qui couvre un maillon clé de leur exposition.

4. Administrations et collectivités : mairies, départements et hôpitaux publics

L’ANSSI chiffre à 24 % la part des administrations et collectivités parmi les compromissions 2025. Les raisons sont structurelles : budgets contraints, parc applicatif hétérogène hérité de décennies de décentralisation, données administratives à fort impact citoyen.

Les administrations et collectivités représentent la cible la plus visible du ransomware 2026 France : mairies, départements, régions, hôpitaux publics. Données massives de citoyens et budgets contraints.

Les mairies détiennent l’état civil, les listes électorales, les délibérations, les données d’urbanisme. Une fuite massive a un coût politique direct. Les attaquants ont développé un script spécifique : demande moyenne, menace de publication immédiate, pression sur l’élu pour accélérer le paiement via une cyber-assurance.

En France, plusieurs villes moyennes ont été touchées début 2025. Les assureurs intègrent désormais des clauses précises : plafonnement des rançons remboursables, obligation de notifier l’ANSSI sous 24 heures, exclusion des paiements vers des groupes sous sanctions OFAC.

5. Industrie et OT : manufacturiers, énergie et logistique, l’arrêt qui coûte le plus cher

Selon le panorama Ransomware Statistics 2026 de BitsFromBytes, qui agrège plusieurs rapports du secteur, l’industrie manufacturière a vu ses attaques bondir de 61 % en un an. C’est le secteur qui croît le plus vite dans le radar des attaquants en 2025-2026.

L’industrie et les systèmes OT (Operational Technology) ferment ce top 5 du ransomware 2026 France. Quand un site de production est chiffré, c’est toute la chaîne logistique qui est impactée : arrêts d’usines, ruptures de stock, perte de chiffre d’affaires.

La raison est simple : une usine arrêtée coûte entre 50 000 et 500 000 euros par jour selon le secteur, et la reprise est souvent plus lente que la résolution technique, car les chaînes d’assemblage doivent être revalidées. Pour un attaquant, c’est un levier de négociation exceptionnel. C’est pour cela que les groupes industrialisés ciblent désormais les systèmes OT (Operational Technology) via les serveurs de supervision qui les pilotent, comme l’a documenté l’ENISA dans son analyse deschaîne d’approvisionnement (supply chain) compromises.

En France, l’énergie et les opérateurs d’importance vitale (OIV) restent protégés, mais les ETI industrielles et les sous-traitants sont très exposés. Pour un acteur de la supply chain, nous recommandons de relire notre comparatif des 25 outils gratuits pour protéger vos données et notre guide sur les voitures connectées et leurs failles en 2026.

Comment fonctionne concrètement une attaque par ransomware ?

Une attaque réussie en 2026 suit rarement le schéma du « virus qui chiffre tout d’un coup ». Le scénario moderne est méthodique, long (souvent plusieurs semaines entre l’intrusion et le chiffrement), et combine plusieurs techniques. Voici les 5 étapes documentées par l’ANSSI, le CISA et Coveware.

Pour comprendre le ransomware 2026 France, il faut connaître les 5 étapes documentées par l’ANSSI dans son panorama de la cybermenace. Voici le déroulé exact d’une attaque réussie.

  1. L’intrusion initiale : le point d’entrée est presque toujours l’un de ces vecteurs : phishing ciblé (85 % des cas selon Sophos), compromission de comptes RDP exposés sur Internet, ou exploitation d’une vulnérabilité zero-day ou n-day sur un service exposé (VPN, pare-feu, sauvegarde).
  2. La reconnaissance et la persistance : une fois un pied dans le système, l’attaquant cartographie le réseau, identifie les sauvegardes et comptes privilégiés. Il installe des portes dérobées et désactive les outils de sécurité. Cette phase peut durer 2 à 8 semaines.
  3. L’exfiltration des données : avant le chiffrement, les attaquants copient des téraoctets de données vers leurs serveurs. C’est la « double extorsion » : ils menacent de publier les données si la rançon n’est pas payée, même si la victime restaure ses systèmes.
  4. Le chiffrement des systèmes : une fois les données exfiltrées, le rançongiciel est déployé en masse via les comptes d’administration compromis. Le chiffrement est ciblé : serveurs de fichiers, bases de données, sauvegardes en ligne.
  5. La demande de rançon et la pression : une note est déposée sur les machines chiffrées. Les attaquants contactent l’entreprise via messagerie chiffrée (Session, Tox), proposent un « service client », menacent de publication dans 72 à 168 heures.

Ce déroulé explique pourquoi un antivirus seul ne suffit plus. Les attaquants ont compris qu’ils doivent échapper à la détection pendant des semaines pour réussir. Comme le rappelle Siècle Digital, plus d’une compromission ANSSI sur trois en 2025 a démarré par une compromission d’identifiants, pas par une faille technique. Notre dossier passkeys en 2026 détaille précisément ce pivot vers les nouvelles méthodes d’authentification.

Quelles sont les conséquences réelles d’une attaque pour une entreprise ?

Le coût d’un rançongiciel est largement sous-estimé. Les organisations pensent au paiement de la rançon. Elles oublient les autres impacts. Voici les cinq grandes familles de conséquences à intégrer.

Les conséquences d’un ransomware 2026 France vont bien au-delà du paiement de la rançon : interruption d’activité, perte de données, sanctions RGPD, atteinte à la réputation, et parfois faillite de l’entreprise.

Type d’impact Description Ordre de grandeur
Financier direct Rançon, coûts de remédiation (forensique, reconstitution), perte de chiffre d’affaires pendant l’arrêt, rachat de matériel ou logiciels. $1 M à $7 M
Opérationnel Arrêt de la production, indisponibilité de services internes et clients, incapacité à livrer, retards de projets. La reprise prend en moyenne 30 jours selon Coveware. 2 à 6 semaines d’arrêt
Réputationnel Perte de confiance clients, impact sur les appels d’offres, couverture médiatique locale, fuite d’e-mails internes sur les sites des leak sites des attaquants. Court à moyen terme
Juridique Notification CNIL sous 72 heures, sanctions potentielles (jusqu’à 4 % du CA mondial), actions de groupe, audits réguliers imposés par la CNIL pendant 3 ans. Jusqu’à 2,4 M€ d’amende RGPD
Assurantiel Exclusion grandissante des paiements de rançons par les cyber-polices, hausse des primes (x2 à x5 en 2024-2026), franchise plus élevée, exigences de pré-qualification. Renégociation annuelle

Parmi ces impacts, l’impact juridique est celui qui est le plus systématiquement sous-estimé par les PME. L’obligation de notification à la CNIL sous 72 heures après prise de connaissance d’une violation peut transformer un incident technique en crise réglementaire si elle n’est pas anticipée. Comme nous l’avons documenté dans notre dossier sur les 14 obligations RGPD pour associations et petites structures, beaucoup d’entreprises découvrent leur obligation trop tard, ce qui multiplie les sanctions.

⚠️ Payer la rançon n’efface pas le risque juridique

En France et dans l’Union européenne, payer une rançon n’efface pas l’obligation de notifier la CNIL. L’entreprise reste tenue d’informer l’autorité de contrôle et les personnes concernées si leurs données ont fuité. Par ailleurs, certains groupes (notamment sous sanctions OFAC ou Trésor français) sont interdits de paiement. Payer un groupe sous sanctions expose l’entreprise à des poursuites pénales. C’est pour cela que l’ANSSI recommande de ne jamais payer seul, mais de faire appel à un prestataire spécialisé et aux forces de l’ordre avant toute décision.

Pour les sous-traitants OIV et les OSE, la directive NIS2 (transposée en France en 2026) impose même une notification préalable de l’ANSSI pour toute intention de paiement, sous peine d’amende administrative.

Comment se protéger efficacement contre les ransomwares en 2026 ?

Aucune protection n’est absolue, mais l’écart entre une organisation préparée et une organisation non préparée se compte en semaines d’arrêt et en millions d’euros. Voici les bonnes pratiques documentées par l’ANSSI, le CISA et notre propre expérience de terrain.

Pour se protéger efficacement du ransomware 2026 France, l’ANSSI recommande d’appliquer les mesures du guide « Attaques par rançongiciels, tous concernés ». Voici les actions concrètes à mettre en place.

✅ À mettre en place systématiquement

  • Sauvegardes 3-2-1 chiffrées : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors-ligne et déconnectée du réseau (règle d’or du CISA Stop Ransomware Guide).
  • Tester ses restaurations : une sauvegarde non testée n’est qu’une hypothèse. Prévoir un test trimestriel PRA/PCA, incluant le scénario « production totalement chiffrée ».
  • MFA sur tous les comptes : y compris les comptes de service, les VPN, les administrateurs, les outils de sauvegarde. Privilégier les applications TOTP ou les clés FIDO2, pas le SMS.
  • EDR ou XDR sur les postes et serveurs : l’antivirus traditionnel ne suffit plus face aux attaques modernes. Un EDR moderne détecte les comportements suspects avant le chiffrement.
  • Segmentation réseau : cloisonner les OT, les sauvegardes, les bases de données critiques, les serveurs d’administration. Un attaquant qui compromet un poste ne doit pas pouvoir tout chiffrer.
  • Mises à jour sous 14 jours : la majorité des compromissions 2025 exploitent des CVE de 2024 et plus anciennes. Patch Management rigoureux = surface d’attaque réduite d’un facteur 3 à 5.
  • PRA/PCA documenté et testé : plan de reprise d’activité daté, scénario ransomware inclus, exercice annuel « commutation vers site de secours ».

❌ Erreurs qui coûtent cher

  • Payer la rançon sans expertise : sans négociateur professionnel ni analyse juridique préalable, on paie parfois un groupe sous sanctions OFAC, ce qui est pénalement risqué.
  • Aucune sauvegarde ou sauvegarde sur le même réseau : lorsque les attaquants détruisent les sauvegardes en ligne avant le chiffrement, l’entreprise est totalement démunie.
  • RDP exposé sur Internet : c’est l’un des premiers vecteurs documentés par l’ANSSI. Mettre RDP derrière un VPN ou désactiver le protocole.
  • Mots de passe faibles ou réutilisés : un seul mot de passe compromis sur un VPN permet souvent de rebondir vers tout le système d’information.
  • Pas de MFA sur les comptes critiques : un attaquant qui obtient un mot de passe via phishing doit se heurter au second facteur.
  • Oublier la formation des utilisateurs : 85 % des compromissions Sophos 2025 démarrent par un phishing. Former et re-tester est indispensable.
  • Croire que « ça n’arrive qu’aux autres » : les ETI industrielles sont désormais ciblées aussi souvent que les grands groupes.

Pour les PME et ETI qui veulent appliquer ces mesures sans réinventer la roue, nous recommandons de relire notre dossier sur les phishing SMS 2026 et notre guide sur les agents IA et cybersécurité, qui traitent de la nouvelle frontière du phishing automatisé.

Que faire immédiatement si votre entreprise est victime d’une attaque ?

Le premier quart d’heure est décisif. Voici les six réflexes à avoir, dans l’ordre, en s’appuyant sur les recommandations ANSSI, CNIL et les retours du terrain.

Si votre organisation est touchée par un ransomware 2026 France, voici la chronologie d’urgence à respecter : isolation, déclaration ANSSI sous 24h, dépôt de plainte, et surtout ne pas payer la rançon sans conseil préalable.

  1. Isoler sans éteindre : déconnecter immédiatement du réseau les machines compromises (câble Ethernet et Wi-Fi désactivés), mais ne pas les éteindre. Les artefacts en mémoire vive sont essentiels à la forensic.
  2. Activer la cellule de crise : direction, RSSI, DPO, prestataire de réponse à incident (CERT, ANSSI, cabinet spécialisé). Un seul porte-parole.
  3. Alerter l’ANSSI et la CNIL : pour les ETI et grands groupes, alerter l’ANSSI via CERT-FR. Déposer plainte sur pre-plainte-en-ligne.gouv.fr. Notification CNIL sous 72 heures via cnil.fr/fr/notifier-un-incident.
  4. Ne pas payer sans conseil : consulter avocats spécialistes, prestataire de négociation, ANSSI et autorités. Payer sans analyse peut exposer à des poursuites si le groupe est sous sanctions.
  5. Restaurer depuis une sauvegarde saine : bien antérieure à l’intrusion, dans un environnement segmenté et propre.
  6. Communiquer de manière contrôlée : informer clients, partenaires, fournisseurs sans sur- ni sous-communiquer. Anticiper les sollicitations médias.

Une fois la crise passée, l’IC3 du FBI recommande de conserver toutes les preuves pendant au moins trois ans, de partager les IOCs avec le secteur, et de mettre à jour le PRA/PCA au vu des retours d’expérience.

🕒 Chronologie d’une compromission type vue par l’ANSSI en 2025

J-30 à J-1 : phase de reconnaissance
Intrusion initiale

L’attaquant acquiert des identifiants (dark web, phishing, infostealer) ou identifie un service exposé (RDP, VPN, solution de sauvegarde). Il teste discrètement l’accès et installe des portes dérobées.

J-21 à J-7 : persistance et mouvement latéral
Reconnaissance

L’attaquant cartographie le réseau, identifie les sauvegardes, les comptes privilégiés, les partages administratifs. Il désactive ou compromet les outils de sécurité.

J-7 à J-1 : exfiltration des données
Double extorsion

Copie massive de téraoctets vers serveurs externes, chiffrée pour ne pas être détectée. Le groupe prépare sa page de leak et son message de pression.

J : chiffrement des systèmes
Impact

Le rançongiciel est déployé via les comptes d’administration compromis. Le chiffrement vise les serveurs de fichiers, bases de données, sauvegardes en ligne.

J à J+7 : demande de rançon
Pression

Note de rançon déposée sur les machines chiffrées, négociation chiffrée (Session, Tox), menace de publication sous 72 à 168 heures, parfois démonstration d’accès par visio.

J+7 à J+30 : remédiation et notification
Post-incident

Dépôt plainte, notification CNIL sous 72 heures, reconstitution depuis sauvegarde saine, communication clients et autorités. Le coût total se révèle souvent bien supérieur à la rançon.

FAQ : les questions fréquentes sur les ransomwares en 2026

Quel est le montant moyen d’une rançon en 2026 ?

Selon Coveware, la rançon médiane effectivement payée oscille entre 200 000 dollars (Q1 2025) et 1,13 million de dollars (Q2 2025), avec une moyenne 2025 autour de 600 000 dollars. Le Sophos State of Ransomware 2025 chiffre pour sa part la demande initiale moyenne à 1,32 million de dollars, réduite à environ 1 million après négociation. Les paiements sont devenus plus sélectifs : les victimes négocient en moyenne à 8,7 % de la demande initiale.

Cette FAQ sur le ransomware 2026 France répond aux questions les plus fréquentes des dirigeants, DSI et RSSI : cadre légal NIS2, obligation de déclaration, assurance cyber, et assistance ANSSI.

Faut-il payer la rançon ?

L’ANSSI, le CISA, le FBI et NoMoreRansom recommandent unanimement de ne pas payer. Payer ne garantit pas la récupération des données, finance des réseaux criminels, marque l’organisation comme « payeuse », et peut être illégal si le groupe est sous sanctions (OFAC, Trésor). Si une entreprise décide malgré tout de payer, elle doit le faire avec un négociateur professionnel et après avoir alerté les autorités compétentes.

Combien de temps dure une attaque avant détection ?

Le temps de séjour médian (dwell time) d’un rançongiciel en 2025 est de 4 à 7 jours selon l’IC3 du FBI, mais certains groupes sophistiqués passent plusieurs mois en reconnaissance avant le chiffrement. C’est cette phase dormante qui rend les EDR et la supervision comportementale essentiels : un antivirus traditionnel ne voit rien pendant l’intrusion initiale, mais un EDR remarque les mouvements latéraux.

Les assurances cyber couvrent-elles le paiement de rançon ?

De moins en moins systématiquement. Après la forte hausse des paiements 2020-2022, les cyber-polices intègrent désormais des exclusions de groupes sous sanctions, plafonnent les remboursements de rançon, et exigent des pré-qualifications IT (MFA, sauvegardes testées, EDR). En 2025-2026, beaucoup d’assureurs refusent les entreprises sans EDR ou sans PRA/PCA documenté. C’est pour cela que la prévention reste la meilleure assurance.

Comment les ransomwares s’infiltrent-ils principalement ?

Selon le Sophos State of Ransomware 2025, 85 % des compromissions démarrent par un e-mail de phishing ou une exploitation de vulnérabilité exposée. L’ANSSI complète : compromission d’identifiants volés sur le dark web, exploit de services RDP exposés, vulnérabilités sur les VPN et solutions de sauvegarde cloud. Aucun maillon n’est négligeable, ce qui explique pourquoi la défense en profondeur (MFA, EDR, segmentation, sauvegardes testées) est la seule approche valable.

Quelle est la différence entre ransomware et crypto-lockers ?

Le terme « crypto-lockers » désigne historiquement les rançongiciels « simples » qui chiffrent uniquement les fichiers locaux et exigent une rançon pour la clé de déchiffrement. Le « ransomware » moderne inclut la double extorsion : chiffrement des fichiers et exfiltration préalable des données, avec menace de publication en cas de non-paiement. Le ransomware ajoute aussi souvent une extorsion tertiaire (DDOS, contact des clients, etc.). C’est cette double extorsion qui rend une sauvegarde seule insuffisante : même restaurée, l’entreprise doit payer pour éviter la fuite.

Alexi Tauzin
Alexi Tauzin
🛡️ Éditeur & Expert Cyber

Fondateur d’alexitauzin.com, entrepreneur digital et spécialiste des technologies connectées. Il décrypte les enjeux de la souveraineté numérique, de la protection des données et de la sécurité informatique pour rendre la cyber-vigilance accessible à tous.


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